Mes réactions face au drame de Gaza

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Je reproduis ici les messages que j’ai publiés sur Facebook face à un déferlement de propos, certains émotionnels et légitimes, d’autres très argumentés, mais aussi malheureusement certains emprunts d’une haine de l’autre qu’il soit palestinien ou israélien. Certains sont ignobles et versent dans la haine du juif ou de l’arabe pour ce qu’ils sont. L’importation en France d’un conflit  qui ne connaitra jamais de solution autre que politique, représente un risque maximal pour le vivre-ensemble et en paix. Chacun doit bien le mesurer avant de relayer des sites complotistes ou d’extrême-droite qui tentent d’enflammer la toile.

Le 13 juillet

GAZA” Que dire d’autre encore et encore, que seule une solution politique est défendable au Moyen-orient, mais qu’il nous faut pour cela des hommes et des femmes qui sachent s’élever au niveau des enjeux. Ce n’est plus le cas depuis l’assassinat de Rabin. Bombarder des civils est indigne d’un pays démocratique comme Israël lorsqu’il confie malheureusement (mais démocratiquement) le pouvoir aux ultras. De même, l’enlèvement et l’assassinat de civils sera toujours indéfendable et ne sera jamais une action de résistance. Les activistes du conflit armé, larvé ou ouvert, se nourrissent les uns les autres dans une complicité quasi-objective qui servent leurs intérêts respectifs, ceux de la droite israélienne et du Hamas. La Gauche et les pacifistes à Jérusalem, le Fatah à Ramallah et à Gaza connaissent une faiblesse chronique qui n’augure rien de bon. Oui à un cessez-le-feu immédiat évidemment et au respect du droit international, et après ? On recommence comme avant ? Évidemment oui si rien ne change, si la colonisation de la Cisjordanie se poursuit comme la construction du mur, si l’enfermement de 2 millions de gazaouites ou encore la corruption qui règne à l’intérieur des territoires occupés aux détriments de la population sont consciencieusement entretenus. L’absence de Barack Obama tétanisé par la bérézina irakienne léguée par les ultras de l’administration Bush n’est plus acceptable car il est le seul à pouvoir freiner Netanyahou. Ni la tuerie syrienne, ni les fous de dieu d’où qu’ils se revendiquent, ni les monarchies douteuses et richissimes du golfe et leur stabilité fictive ne sont des arguments “supportables” pour justifier le silence occidental. Au sortir de ce nouveau conflit, la démesure de la riposte israélienne aura servi les seuls ennemis résolus d’une solution pacifique. C’est le but recherché par les ultras au pouvoir des 2 côtés et ce sont les civils, essentiellement palestiniens, même si je me refuse à une quelconque comptabilité morbide, qui paient la facture.”

Le 17 juillet

Pour suivre les commentaires des uns et des autres sur la situation à Gaza emplis d’émotion et de rage légitimes, je veux alerter les uns et les autres sur ce que je perçois comme des risques majeurs qui fracturent déjà notre société et qui ne cessent d’enfler.
Tout conflit aussi terrible soit-il et celui-ci l’est ô combien, doit être regardé dans toute sa dimension historique toujours infiniment complexe. Le simplisme ne sert à ce stade que les ultras de tout poil, je veux parler des gouvernants, la droite israélienne (avec hélas l’appui du parti travailliste) et du Hamas, 2 faces d’une même pièce tragique qui se répète sans fin aux détriments des peuples à commencer par la population de Gaza, avec ses centaines de victime civiles sans défense. Comme je l’ai déjà écrit, il n’y a pas d’exercice plus abject que de comptabiliser les morts. Toutes les familles endeuillées, palestiniennes et israéliennes n’ont que faire des statistiques.

J’en viens à la situation en France. Notre pays par son histoire est très sensibilisé à ce conflit que certains tentent d’instrumentaliser pour en faire un pseudo-affrontement communautaire. Il est vrai que “la communauté juive” (concept que je récuse, mais que je reprends pour la bonne compréhension de mon propos) a toujours eu une admiration profonde pour ce qui est aujourd’hui une image d’Épinal, un état d’Israël bâti par des pionniers et des survivants de l’holocauste. C’est vrai pour partie, mais les images jaunissent, l’histoire et la réalité obligent chacun par honnêteté intellectuelle à réviser son catéchisme et a minima à s’interroger. La vérité sur les pères fondateurs est plus complexe, et le développement, les guerres successives, la conquête, l’occupation et l’annexion rampante de la Cisjordanie et ses errements obligent à avoir une vision lucide a défaut d’être objective de la réalité.

Il est non moins vrai qu’après les guerres ou les conflits armés qui ont conduit à l’indépendance des pays du Maghreb, après l’échec d’une autre image d’Épinal, le panarabisme, l’apparition des mouvements de libération palestinienne dans les années 70 a redonné un imaginaire glorieux à beaucoup de compatriotes arabes musulmans, et là encore même réflexion, la notion de communauté m’est totalement étrangère. La réalité des 40 dernières années et l’échec d’un réel débouché politique qui donnerait enfin à chacun partie de ce qu’il attend, comme dans tout compromis historique, érode nos consciences.

Gardons nous du simplisme, de l’hyper-réaction, de la seule émotion. Ayons le courage, il en faut beaucoup, de dénoncer l’escalade militaire insensée conduite par Netanyahou, et les meurtres de part et d’autre tout aussi inacceptables. Restons vigilants et gardons nous de ceux qui ouvertement ou dans l’ombre rêvent de cet “affrontement communautaire” ici en France afin d’assouvir leur dessein, l’antisémitisme et/ou le rejet des musulmans.

Je nous appelle tous à la raison, particulièrement sur les réseaux sociaux. La facilité du clic, du partage, de l’image choc nous éloigne toujours de la seule voie possible, le règlement politique et c’est vrai qu’à ce stade, la pauvreté des résultats, fragilise mon propos. Ne désespérons pas des capacités humaines, et surtout des “pires” ennemis d’aujourd’hui de s’élever au niveau de l’enjeu historique de la paix et de la reconnaissance de l’autre, pour le seul bien des peuples.”

Le 21 juillet

Toutes les raisons pour lesquelles je quitte Israël”. libération.fr
http://t.co/WVYHUBkMgP

Un texte digne et bouleversant à lire et à partager. L’auteur de l’article nous explique qu’il est parfaitement intégré à la société israélienne, ses enfants encore plus, mais que la réalité le renvoie sans cesse à son statut d’arabe israélien comme une forme d’assignation indépassable. On ne saurait comparer cette situation à celle d’un Français juif. Aucun membre de la communauté juive (dénomination d’usage que je conteste tu le sais) ne serait crédible s’il se décrivait comme assigné à un statut particulier, sans méconnaître pour autant la réalité de l’antisémitisme qui s’exprime. Ce que nous devons partager avec le palestinien ou l’israélien, ce n’est la volonté guerrière d’en découdre, par l’image ou le commentaire Facebook, c’est l’histoire universelle dont nous sommes tous comptables. Il n’est pas sain de mesurer la terreur des enfants de Palestine sous les bombes et d’Israël sous les roquettes. Mais personne de bonne foi ne peut contester la disproportion des forces en présence à Gaza et la politique de colonisation de la Cisjordanie. Les dirigeants israéliens parce qu’ils sont maîtres du jeu militaire, seront-ils capables de se hisser au niveau de l’histoire qui finira par s’écrire, celle d’une paix véritable dans le respect du droit international ? Aujourd’hui j’en doute, mais demain… En attendant cessez-le-feu immédiat, retrait des troupes israéliennes et arrêt des tirs de roquettes.”

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