Commentaires sur La “Minute Misérable” de Monsieur Raoult !

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L’UMP Eric Raoult fait honte, même à son propre camp
Désaveux de toutes parts après les propos du député demandant que Clichy-sous-Bois soit mis sous tutelle.

Par Thomas LEBEGUE
samedi 24 décembre 2005

Eric Raoult doit se sentir bien seul. Après les déclarations qu’il a faites mercredi à l’hebdomadaire d’extrême droite Minute, le député et maire (UMP) du Raincy (Seine-Saint-Denis) n’a pas recueilli le moindre soutien dans son propre camp. Il faut dire que ce chiraquien n’a pas fait dans la dentelle en stigmatisant la ville de Clichy-sous-Bois (qui fait partie de sa circonscription législative), dirigée par son adversaire socialiste Claude Dilain : «Cette ville fait honte à notre pays. C’est à partir de Clichy-sous-Bois que les émeutes dans les banlieues ont commencé. Or c’est la ville de France qui reçoit le plus d’argent de l’Etat depuis une vingtaine d’années», a affirmé l’ancien ministre délégué à la Ville (1995-1997), qui veut que cette commune soit «mise sous tutelle» par l’Etat.

Interrogé vendredi dans Libération, Nicolas Sarkozy a pris ses distances avec Raoult en affirmant que «non», Clichy ne faisait pas honte au pays. Quant à la catholique Christine Boutin, députée (UMP) des Yvelines, elle a trouvé les propos de son collègue «profondément scandaleux». «Une fois de plus, il y a un dérapage sur la mise en accusation, sur le bouc émissaire, a-t-elle déclaré. Cela me semble inquiétant et cela fragilise la démocratie.»

Seul le souverainiste Philippe de Villiers, en pleine radicalisation depuis la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne, a tenu à saluer sur France 2 le «courage» du député de Seine-Saint-Denis. Un «courage» dont Raoult ne fait pas preuve dans tous les domaines, puisque sa ville du Raincy a été condamnée, vendredi, à payer une forte amende pour ne pas avoir respecté le quota de logements sociaux prévu par la loi SRU.

Même les élus UMP de son département l’ont désavoué : «On ne peut pas admettre des propos aussi extrêmes. Là, ce n’est plus une question de parti : on est en présence d’une ville en difficulté où il y a eu des morts [les deux jeunes électrocutés le 27 octobre], on ne peut pas jouer avec la souffrance des gens», déclarait, vendredi dans le Parisien, le sénateur Christian Demuynck, qui rêve de déboulonner Raoult à la tête de l’UMP de Seine-Saint-Denis.

A gauche, François Hollande a «solennellement» demandé à Sarkozy de condamner les propos du député qui, selon le premier secrétaire du PS, «a franchi une ligne invisible, morale, qui sépare les républicains des autres». D’accord sur ce point, François Hollande et Henri Emmanuelli ont demandé à ce que Raoult soit privé de sa fonction de vice-président de l’Assemblée nationale.

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